En 2025, la Journée mondiale de la liberté de la presse s’inscrit dans un contexte de profonde mutation du paysage médiatique. Alors que l’intelligence artificielle transforme en profondeur la manière dont nous produisons, diffusons et consommons l’information, il devient plus que jamais essentiel de défendre une presse libre, indépendante et pluraliste.
Les systèmes d’IA bouleversent le journalisme : génération de contenus, analyse de données, personnalisation de l’information… autant de révolutions technologiques porteuses d’opportunités, mais aussi de risques majeurs. Mésinformation, biais algorithmiques, atteintes à la vie privée ou au droit à la déconnexion pour les professionnels de l’info… Les défis sont nombreux. C’est pourquoi l’UNESCO invite cette année à réfléchir à une gouvernance éthique de l’IA, fondée sur les droits humains, et à un encadrement clair pour garantir que les outils numériques ne deviennent pas des instruments de censure ou de manipulation.
Mais les menaces ne viennent pas que du numérique. Dans le monde, les atteintes à la liberté de la presse s’intensifient : intimidations, emprisonnements, violences… En 2021, 488 journalistes étaient emprisonnés – un record historique. En Belgique, la dégringolade de la 11e à la 23e place au classement de Reporters Sans Frontières alerte sur la dégradation du climat pour les journalistes, entre violences policières et harcèlement en ligne.
La précarité du secteur, accentuée par la course au clic et la dépendance à la publicité, fragilise encore davantage la fonction critique des médias. Pourtant, les médias sont bien plus qu’un produit de consommation : ils sont un pilier de notre démocratie. Il est temps d’assumer ce rôle démocratique en leur donnant les moyens d’exister via un Pacte Démocratie-Médias, qui reconnaîtrait légalement leur statut de « service démocratique d’intérêt général », en échange du respect de normes éthiques et de qualité renforcées.
Face à la désinformation, aux dérives économiques et aux attaques contre les journalistes, nous devons collectivement nous mobiliser. Protéger les journalistes, soutenir l’indépendance des rédactions, valoriser l’information de qualité et renforcer la confiance citoyenne : c’est tout cela que célèbre le 3 mai. Car sans une presse libre, il ne peut y avoir de démocratie forte.
Et n’oublions jamais que les régimes autoritaires commencent par faire taire la presse. Défendre la liberté d’informer, c’est défendre notre liberté à toutes et tous.